Cornwall & The Counties Community Futures Development Corporation
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L’ABC du prêt

mardi 2 juin 2015


Comme pour les banques et les institutions financières, la Société d’aide au développement des collectivités Cornwall et les Comtés (SADC) examine plusieurs critères lorsqu’une personne ou une entreprise fait une demande de prêt à l’entreprise ou d’investissement en actions.

Ne vous en faites pas, je ne les repasserai pas tous ici; je vais plutôt m’attarder aux plus importants sur lesquels nous nous penchons au début du processus – généralement avant de mettre du temps à élaborer des plans d’affaires et des projections financières.

Sachez que, par mesure d’efficacité, les prêteurs suivent généralement une hiérarchie intuitive pour évaluer l’admissibilité : si le demandeur ne répond pas à un critère de la hiérarchie, il est inutile de passer au suivant (souvent moins important) et la demande est rejetée.

Lorsqu’elle évalue les demandes de particuliers, d’entreprises en démarrage et d’entreprises établies qui cherchent à croitre, la SADC s’appuie, dans l’ordre, sur les critères suivants :

Crédit personnel

Le crédit personnel, comme le pointage Beacon FICO, est généralement considéré comme le principal critère dans le crédit aux particuliers et peut aussi largement influencer les prêts à l’entreprise. Quoique le pointage Beacon d’Equifax soit reconnu au Canada, on peut aussi se fier aux pointages Experian/Fair Isaac et Empirica de TransUnion, toutes des agences d’évaluation du crédit réputées.

Pour le prêteur, le pointage de crédit personnel peut refléter l’historique ou les habitudes de paiement d’un individu auprès de ses créanciers actuels et passés. Le rapport produit par une agence d’évaluation du crédit présente au prêteur la ligne de conduite du demandeur et sert à évaluer sa capacité à répondre à ses obligations vis-à-vis du prêt en tenant compte de ses autres obligations dans le futur. Il va sans dire que les demandeurs dont le dossier de crédit est mauvais et comporte des paiements retardés, des recouvrements, des paiements manquants et une faillite seront scrutés de plus près et leur demande aura plus de chance d’être rejetée.

Stabilité

La stabilité peut être évaluée de diverses façons et donne une idée de la position du demandeur en société. Quoique la stabilité puisse être démontrée dans plusieurs contextes, les plus courants sont :

  • Durée de la profession ou de l’emploi actuel – un aspect important de la stabilité est la durée de l’emploi ou de la profession. Plus longue sera cette durée, plus l’on considérera la personne comme étant établie professionnellement et moins encline à être au chômage ou sous-employée. Dans le cadre d’une demande de prêt, l’emploi et les revenus provenant d’un travail autonome ou d’une entreprise assurent les revenus qui servent à rembourser la dette. Bref, la perte d’un emploi ou l’incapacité à gagner un revenu augmentent la vulnérabilité et le risque de faire défaut de paiement. Le prêteur est rassuré que des paiements réguliers et ponctuels seront faits lorsque le demandeur a un emploi ou une situation professionnelle stable. .
  • Logement – le logement d’un demandeur joue un rôle important dans l’évaluation de la stabilité. Quoique ce ne soit pas toujours le cas, un propriétaire est souvent considéré comme étant plus prévisible et ayant plus de responsabilités qu’un locataire et moins de chance de déménager. Le fait d’être propriétaire d’une maison influence positivement l’évaluation de la stabilité.
  • Durée du séjour à l’adresse actuelle – parfois négligée par le demandeur, la durée du séjour à l’adresse actuelle ou précédente influence positivement l’évaluation de la stabilité. Quoiqu’il y ait des exceptions, les statistiques et les analyses révèlent que les personnes qui demeurent depuis une courte période à leur adresse actuelle (ou précédente) sont plus enclines à déménager et à abandonner la dette. Selon la situation, le fait d’avoir vécu à la même adresse pendant une longue période indique la stabilité et améliore les chances du demandeur d’obtenir du crédit. .

Ratio d’endettement

Le ratio d’endettement, un indicateur financier courant, représente le ratio ou la proportion de paiements mensuels en tenant compte du prêt demandé par rapport au revenu mensuel brut. Un ratio acceptable oscille entre 35 % à 50 % selon le type et les modalités de financement. À noter, l’approbation est fortement influencée par les deux premiers critères de crédit personnel et de stabilité, mais un ratio d’endettement très élevé peut entrainer le rejet d’une demande de prêt, peu importe le pointage de crédit du demandeur ou sa stabilité.

Valeur nette

La valeur nette ou l’avoir net représente le capital de l’individu ou du groupe. Il s’agit simplement de la différence entre l’actif et le passif (dette) et se calcule en soustrayant le passif de l’actif. Un résultat faible ou négatif entrainera généralement le rejet d’une demande. Les actifs inclus dans ce calcul sont les propriétés tangibles comme l’immobilier, les intérêts commerciaux vérifiables et les investissements; de 50 % à 80 % de leur valeur sera retenue selon le niveau de risque associé. Dans certains cas, des biens durables comme des automobiles et autres véhicules peuvent être ajoutés au calcul quoiqu’il s’agit d’actifs moins attrayants puisqu’ils perdent de la valeur avec le temps. Le principal actif de la plupart des gens demeure une résidence; il s’agit cependant d’actifs peu liquides; vendre une maison pour payer des dettes représente un dernier recours. On ne peut donc prendre une décision en se basant seulement sur la valeur d’un individu ou d’un groupe sans tenir compte de ce critère. La valeur d’une résidence révèle plus la richesse d’un demandeur qu’une garantie de liquidité ou de solvabilité. Si une personne ou un groupe possède un actif immobilier, cela influencera grandement et favorablement sa demande de crédit, non pas parce que la propriété peut servir de caution, mais plutôt parce que cela permet au demandeur d’obtenir du crédit sur son hypothèque, ce qui peut l’aider à respecter ses obligations financières.

Emploi et situation personnelle

  • Situation professionnelle – On tient compte de la profession dans une demande de crédit. Les professionnels comme les médecins, les avocats, les comptables et les ingénieurs seront vus d’un bon œil, tout comme d’autres professionnels de la santé, les enseignants, les gens de métier, les pompiers et les policiers. Lorsque l’emploi est plus précaire comme chez les employeurs autonomes ou saisonniers ou lorsqu’il est plus difficile de se trouver un emploi après une mise à pied, comme dans le cas de l’industrie, ces données seront analysées pour établir la résilience économique et déterminer le niveau de risque.
  • Situation personnelle – Quoique cela peut sembler discriminatoire, l’âge et la situation familiale sont aussi soupesés. Cela se défend au fait qu’il ne s’agit pas d’un jugement personnel, mais d’un reflet de la réalité du demandeur. Le risque de faire défaut de paiement est beaucoup plus élevé chez les personnes de moins de 30 ans que chez celles de plus de 50 ans. Ceux de moins de 20 ans posent le risque le plus élevé. De même, les personnes mariées représentent un meilleur risque que les célibataires puisqu’elles ont la possibilité de mettre leurs ressources en commun pour faire face aux revers.

Ensemble, ces caractéristiques donnent une idée de la possibilité de financement, de l’existence de valeurs ou de garanties et aident à établir le taux d’intérêt. Pour un prêt personnel, une marge de crédit ou autre prêt où la décision ne relève que de l’évaluation du demandeur, les modalités et le taux d’intérêt varieront selon les caractéristiques du candidat vis-à-vis des critères ci-haut mentionnés. À noter que dans le cas de cartes de crédit, ces critères ne portent pas autant de poids puisque le taux d’intérêt est déjà assez élevé qui réduit le risque de perte financière pour les institutions. Le même principe prévaut sur une hypothèque ou le financement d’un véhicule – toute garantie peut servir à baisser la barre d’approbation

Règle générale, les prêteurs recherchent la constance des paiements sur la dette et examineront la fiabilité de l’emprunteur, la régularité des paiements, la capacité de paiement du demandeur et finalement sa capacité à recouvrer les paiements en souffrance.

La SADC vous encourage à tenir compte de ces situations personnelles lorsque vous envisagez de faire une demande de prêt à l’entreprise et à prendre rendez-vous avec un conseiller en affaires SADC si vous pensez vous lancer en affaires ou prendre de l’expansion.

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